180 km/h.
C'était approximativement la vitesse ou il roulait. Ah, le vent, cette sensation si douce qui à cette vitesse commence à devenir si ... excitante. Il adorait ça. En plus, pour une fois, il avait une raison de rouler aussi vite.
200 km/h.
"La ça devient intéressant" pensait-il. Le paysage défilait à une vitesse fulgurante, une bouche à incendie fut presque arrachée après son passage, il s'en fut de peu. Un feu rouge ? Qu'importe, il s'en foutait, c'était même jouissif de le griller, et chez lui la jouissance se manifestait par un léger sourire, certainement sadique, en coin. A la rue d'après, rue Von Martin Buren, il tourna au frein à main ce qui fit crisser les pneus si fort que ça co-pilote laissa échapper un cri, ce qu'elle ne se serait jamais permis à l'accoutumée.
"Hayne ! Arrêté ! Ralentit ! " lui lança-t-elle en lui tapant fortement l'épaule. Cela lui déclencha une érection, qui n'eut que pour effet de l'inciter à poussé plus fort sur la pédale de l'accélérateur.
210 km/h.
Il dépassa un passage à niveau, ou il frôla une locomotive, bleu, rouge, jaune étaient ses couleurs à cela s'ajoutait un énorme tag " Lewonn", encore cette putain de société pensa-t-il. Bref, c'était le moment d'allumer son ipod ( ces stations à ipod pour voitures sont d'ailleurs fantastiques ) ..."
Rag and Bone" pensa-t-il. Aux premières notes il partait de plus belle dans l'accélération, l'adrénaline il n'y a que ça de vraie se disait il.
" Ah, cette radio! Elle passe quand même de la putain de bonne musique ! " rugissa-t-il, ce qui lui valut un autre coup, mais celui-ci sur le coté de la tête. " C'est pas une radio, c'est ta musique perso mais tu le sais déjà bouffon ! Et c'est ça qui te fais rire ? Pathétique ... " Il gloussait ( imaginez alors son état de jouissance ).
Il dansait, il entendait cette musique, vibrait, se déchainait. Trois vases, une télévision, et une chaise trépassèrent sur son chemin. Ces notes de basses, quel orgasme. Pourtant la musique était loin, 1343, 5 km environ, mais il ne pouvait pas s'en empêcher. Madame Pisano, vieille femme de 80 années passées, comme tous les matins sortait son chien, Pupy ( elle adorait tout ce qui se finissait en Y, même si les gens ne voyait pas la différence avec un i ) pour l'amener à son parc préféré " Au p'tit bonheur des Zanimaux ". Pour cela elle devait marcher 5 minutes sur l'avenue Disail,direction nord, prendre à l'ouest sur Disoil, puis longer le Palais Impérial jusqu'au parc. Alors qu'elle essayait de passer sur l'autre trottoir, celui ou se trouver le palais Impérial, tout en promettant à Pupy des mignons petits gâteaux en forme d'os si ce dernier se tenait tranquille jusqu'au parc, elle fut arrêté par un bruit extrêmement sonore. Surgit une porche d'un rouge écarlate, chromée, voire même surchromée, avec, à son bord, deux silhouettes. La voiture pilla devant elle, elle devait rouler à une vitesse extrêmement démesurée, pensa-t-elle, pour mettre autant de temps à s'arrêter et laisser des traces pareilles. Elle ne fut pas effrayée par cet arret, elle aurait du. Une femme, élancée, possédant de longs, très longs cheveux, sortie de la voiture en passant par-dessus la porte ( l'avantage des décapotables pensait madame Pisano, elle en sortait pareil, elle aussi, dans sa jeunesse ). Elle était perché sur des bottes à hauts talons ( pauvre fille, continuait elle à penser, tu verras plus tard ton dos ! ) et avançait d'un pas assuré vers la vieille. Arrivée à son niveau, elle se pencha vers Pupy, le saisit et fit demi tour jusqu'à la voiture. Hayne fit gronder le moteur et fusa sur Disoil et faillit, au passage, emporter la vieille, bouche bée, sur le bord de la route ( ce qui ne manqua pas de le faire exploser de rire, le plaçant alors au bord de l'éjaculation). Il continua sa course enivrante pendant environ dix minutes, sa passagère s'amusant avec le chien en l'exposant au vent à bout de bras, faisant voler de la bave sur les sièges arrières, chose qui irritait au plus haut point Hayne qui pourtant ne disait mot, et s'arrêta devant un manoir presque délabré ( il ressemblait à ces vieux manoirs qui appartenaient à l'ancienne bourgeoisie anglaise dont les moyens étaient diminués et n'arrivaient donc plus à les entretenir ).
" Alors elle est ici ?" demanda la nouvelle propriétaire du chien, qui n'eut pour réponse qu'un hochement de tête. Il avait retrouvé son sérieux, il était de nouveau caché derrière ses cheveux, le vent ne lui fouettant plus le visage, pourtant elle n'y prêtait aucune attention, pour elle les sursauts d'humeur était chose courante. Ils s'approchèrent du porche de la porte en empruntant une allée dallée plus ou moins aléatoirement, puis 3 marches en bois, presque totalement pourries. Arrivé à l'entrée, Hayne défonça la porte d'un coup de pied net et précis puis pénétra dans la pseudo demeure, suivit de sa comparse qui tirait Pupy au bout d'une époustouflante laisse dorée ( elle en avait toujours une sur elle au cas où ). Ils n'eurent pas le temps de faire 3 pas dans la pièce qu'un violent coup de vent claqua la porte derrière eux.
Il avait cessé de danser depuis que la musique s'était interrompue, et était patiemment accoudé à sa fenêtre, en train de se griller une clope. Alors qu'à 1361 km de là, la porte claquée. Il eut un sursaut et compris qu'il devait s'enfuir. Il sauta alors par la fenêtre sans même penser à la hauteur.Alors qu'ils se retournaient pour comprendre ce qui s'était déroulé dans leur dos, la laisse craqua, le chien couina et de multiples craquements se firent entendre. Ils firent volteface, ces retournements commençaient déjà à exaspéré Hayne, et se trouvèrent face à une femme splendide (" Jessica dans Roger Rabbit, pensait Hayne, Jessica..." ) qui avait le talon de sa chaussure ( "des Caprinis, pensait la nouvelle propriétaire de Pupy, ça vaut une fortune" ) planté dans le thorax du chien. Trois coups d'une précision extrême suivirent, deux du talon, dont un sur le début de la queue et l'autre dans un des yeux et le dernier, avec la pointe, en plein milieu du ventre du chien, qui se finit en un mouvement rotatif qui n'était pas sans rappeler quelqu'un qui éteint une clope dans la rue, mais en beaucoup, beaucoup plus violent. ( ce qui mettait la puce à l'oreille était les intestins qui dépassaient du ventre de Pupy ). Un dernier coup mis fin à ce spectacle canin, celui qui envoya valser Pupy contre le mur d'en face. Hayne décrocha un léger sourire sur le coté ( oh oui, l'excitation, encore et toujours elle), sa comparse, elle, s'approcha du chien et lui retira le reste de la laisse dorée qui pendait à son cou, puis se retourna, braqua du regard la bonasse en Caprinis, fonça sur elle sans aucune hésitation, la saisit par sa longue chevelure légèrement rousse, lui murmura alors dans l'oreille : " C'était ma laisse préférée, Pétasse !" et lui décrocha un coup de genou au niveau du foie.